François-Auguste Mignet
Collège international
Aix-en-Provence
 

Le retour au Collège Mignet de Simone Guérin, résistante

jeudi 5 janvier 2012, par La rédaction

Le lundi 5 décembre 2011, Simone Guérin, résistante pendant la Seconde Guerre Mondiale, aujourd’hui âgée de 90 ans, est intervenue dans les classes de 3e 7 et 3e 8. Elle nous a parlé de son histoire, de son point de vue sur la guerre et de la façon dont elle est devenue résistante.

En 1939, au commencement de la guerre, Simone a 18 ans, et commence ses études d’infirmière. Elle vit à Marseille, et comme tous les provençaux, les mouvements de la guerre lui semblent lointain.


Simone Guérin, résistante de la 2de Guerre Mondiale

En 1942, suite à l’occupation allemande du sud de la France, les conditions de vie en ville sont difficiles : on ne mange pas à sa faim, à cause du rationnement, le coût de la vie augmente et l’instauration d’un couvre-feu aggrave la situation. On ne peut sortir sans ses papiers et on risque de se faire arrêter à tout moment par les Allemands, dits « les boches ». La population est mécontente et se venge comme elle peut : donner de fausses indications aux allemands ou encore les perdre dans la ville. On vit alors dans la peur constante, la colère et la misère.


En 1943, lors d’un stage en hôpital, un collègue demande à Simone d’emmener des enfants dans la Drôme, à l’abri des allemands. Puis suivent plusieurs demandes, et Simone, sans s’en rendre compte, entre dans la Résistance en tant que passeur. Pour sa sécurité, elle est obligée de s’enfuir avec son mari dans la Drôme – le Maquis du village de Saint-Nazaire-le-Désert.

 

Elle prend alors son nom de résistante, Monique. Là-bas, elle conserve sa profession d’infirmière, et vient en aide aux résistants blessés. Les activités principales de ces derniers sont : cacher des juifs et des enfants et saboter les installations allemandes. Du matériel, des outils, des habits, de l’argent et même des soldats anglais sont parachutés en pleine nuit. Simone, alias Monique, dut retourner à Marseille pour faire passer deux enfants juifs, en mai 1944. Elle sort alors in-extremis d’un bombardement et revient vivante au maquis, après avoir de nouveau sauvé des vies. Elle risque à nouveau sa vie dans la grotte de la Luyres du Vercors. Ces dernières servaient alors d’hôpital avant d’être incendiées par les allemands. Elle ne se trouvait pas dans la grotte à ce moment là, elle était occupée à se laver les cheveux : « mes cheveux m’ont sauvé la vie », nous a-t-elle dit en souriant.


En 1945, à la fin de la guerre, les Américains sont venus les chercher dans les maquis, et Simone a pu retourner à Marseille. Elle a créé par la suite des maisons pour accueillir les enfants juifs déportés.


Elle a donc consacré sa vie à sauver des innocents. Elle nous a montré que la solidarité et la foi en la vie permettent de résister, de survivre.


Nous remercions Simone Guérin ainsi que Madame Taranne pour cette intervention.


Sophie COQUEL et Manon ROCHE - 3ème7

 

 

 

 

 
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