François-Auguste Mignet
Collège international
Aix-en-Provence
 

Les « irlandais » sont de retour avec de beaux souvenirs en tête

jeudi 18 mai 2017, par Céline Laurent

Sur un air de bal(l)ade irlandaise

Fifty shades of green… Les bocages vallonnés et leurs perles accrochées à flanc de collines ont coloré les nombreux miles que nous avons parcourus tout au long de notre parenthèse celtique. Dès notre arrivée sur le sol irlandais, elle s’engagea sous d’heureux auspices. La convivialité de notre chauffeur de bus fut immédiate et ses toutes premières paroles exprimèrent son soulagement quant au dénouement de notre deuxième tour présidentiel.
Puis tout fut émotion.


L’émotion d’un paysage unique, the Giant’s Causeway. Formation géologique de 60 millions d’années et constituée de 40 000 colonnes hexagonales de basalte, ce site, au-delà de cette présentation pragmatique, s’illustre aussi de légendes autour du fameux géant irlandais Finn Mac Cool. Il aurait construit la chaussée afin de rejoindre sa dulcinée aux îles Hébrides. Ou, il aurait invité son adversaire écossais Benandonner à venir le défier, mais aucun bateau n’étant assez grand pour les transporter l’un et l’autre, Finn Mac Cool aurait construit la chaussée afin de relier les deux pays. Qui des deux remporta la victoire ? Il fallut un brin de malice… Suspense, à vous de découvrir l’issue de ce duel.

L’émotion d’un chef d’œuvre de plus de 1200 ans, the Book of Kells, manuscrit enluminé et aux motifs ornementaux sans pareil, conservé précieusement au sein de la somptueuse Old Library du Trinity College de Dublin.


L’émotion d’une traversée de l’Atlantique à bord du Titanic. De sa construction dans le Belfast du début du XXe siècle à son départ, de ses premiers jours à fendre les flots - équipé de cabines plus ou moins cossues, occupées par des passagers simplement en voyage ou des émigrants à la conquête du Nouveau Monde - à son naufrage, sans omettre la love story entre Jack et Rose, l’immersion fut totale.

L’émotion de se retrouver dans une salle de classe des années 20 reconstituée à Richmond Barracks, caserne de Dublin, d’y comprendre le Easter Rising du 24 avril 1916, de se retrouver à l’endroit même où tant de leaders républicains en quête de l’indépendance de leur pays furent exécutés.

L’émotion d’une visite impromptue du petit cimetière de Goldenbridge, à deux pas de Richmond Barracks. Inspiré du Père-Lachaise, ce fut le premier cimetière catholique d’Irlande fondé en 1828, premier lieu où les Catholiques purent donc être enterrés dignement après une cérémonie en leur honneur. Nous avons arpenté ses allées, nous sommes attardés sur plusieurs tombes, en particulier celle de Eugene Lynch, garçonnet de 8 ans qui, le 28 avril 1916 et alors qu’il jouait au football, fut tué par balle par un soldat de la caserne. Tir accidentel, tir volontaire ? La question demeure. Faute de moyens, ses parents ne purent lui offrir une sépulture, mais à l’occasion du centenaire de sa mort, les enfants de Dublin lui rendirent hommage et lui offrirent une stèle. Lucky us, nous fûmes sans doute les premiers visiteurs à franchir les portes de ce cimetière fermé depuis 1869 par crainte du choléra, désormais ouvert de nouveau depuis ce weekend.




L’émotion de prendre la mesure des Troubles en parcourant les Murals de Belfast, de laisser une trace sur le mur de la Paix, une paix pas forcément encore si bien ancrée. Chaque soir demeure un couvre-feu, chaque soir les portes séparant le quartier protestant du quartier catholique se ferment donc. La psychose demeure. Le Brexit en effraie plus d’un d’ailleurs, et s’il ravivait les tensions passées ?

Enfin, au musée Free Derry de Derry, l’émotion d’écouter John Kelly nous expliquer le Bloody Sunday. Michael Kelly, son frère, fut une des 14 victimes de cet épisode sanglant du 30 janvier 1972. Quarante-cinq ans plus tard, l’incompréhension et la volonté de justice demeurent intactes. Certes David Cameron a reconnu la responsabilité des soldats britanniques mais ces derniers n’ont jamais été jugés. Les familles des victimes ne baissent pas les bras. L’heure d’un procès semble approcher.

Chers élèves, vous avez été félicités à plusieurs reprises pour votre bienséance et votre pertinence. Bravo. Laissez-vous embarquer à bord de ce double-decker… Continuez à faire de votre vie un voyage. Tantôt imaginaire, tantôt réel, il vous conduira vers les petites histoires, qui nourrissent, écrivent la grande, et font doublement résonner celle d’aujourd’hui.

Ces quelques fleurs de Grafton street offertes à mes compagnons de route, Sandrine Chiavassa, Sylvie Sausse, Jean Terrisse, Monique Zenotti, à qui je décerne une mention spéciale pour son soutien inestimable lors de la préparation de ce séjour.
Merci à Madame Manivet-Delaye et Xavier Jonniaux pour leur confiance, à Isabelle Nepse et Hélène Amayenc pour leur aide précieuse.

Céline Laurent

(Et merci à Mme Laurent pour ce magnifique projet !... La Principale

 
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