François-Auguste Mignet
Collège international
Aix-en-Provence
 

L’affaire des pendus, du texte au scénario - 1

lundi 22 janvier 2007, par la rédaction

Comment transposer en Bande dessinée le chapitre de Marcel Pagnol ?
Le travail consiste à traduire l’histoire en une succession de scènes. C’est l’occasion de découvrir que certains passages ne correspondent pas à des scènes mais sont des interventions du narrateur, des commentaires ou des sommaires qui résistent à une mise en images.
S’appuyer sur le repérage traditionnel de la structure narrative, le plan du texte, ne suffit pas. Des notions nouvelles s’imposent, rendues nécessaires par la mise en place d’un récit en images qui a besoin de se construire en une succession de scènes ou de séquences.

Il s’agit alors de passer du plan du texte à la construction d’un scénario en se posant page après page une série de questions très concrètes permettant d’identifier les scènes :
Où sommes-nous ?
Quand ?
Quels personnages interviennent-ils ?
Quelle est l’action ?
Quel est le dialogue ?
Combien de temps l’action dure-t-elle ?
Combien de temps passe-t-il entre chaque scène ?

A titre d’exemple, le début du chapitre :


" C’est sans la moindre inquiétude, mais au contraire avec une véritable joie que je quittai la maison, un matin d’octobre, pour la rentrée au lycée, où j’étais admis en cinquième A2. Personne ne m’accompagnait : le cartable au dos, les mains- dans les poches, je n’avais pas besoin de lever la tête pour regarder le nom des rues : je n’allais pas vers une prison inconnue, pleine d’une foule d’étrangers : je marchais au contraire vers mille rendez-vous, vers d’autres garçons de mon âge, des couloirs familiers, une horloge amicale, des platanes et des secrets.
"


Les mots en gras permettent d’identifier l’action et son cadre :

Où : dans la rue, entre la maison et l’école
Quand : un matin d’octobre
Qui : Marcel, seul
Quelle action : il fait sa rentrée de cinquième

La durée du trajet n’est pas indiquée mais il n’est pas nécessaire de mettre en scène tout le trajet.

Marcel est seul. Aucun dialogue. Mais le texte précise les sentiments et les projets du petit Marcel. C’est dit, c’est éprouvé mais ... à quoi cela se voit-il ?
Comment le montrer au spectateur du film ou au lecteur de la BD ?
Quelle réponse visuelle apporter ?

Quelques solutions à envisager ?

- Marcel parle à haute voix sur le chemin du lycée (on ne disait pas collège à son époque)

- une voix off exprimant les pensées de Marcel

- compter sur le jeu de l’acteur : comment traduire ses sentiments en expressions du visage et en jeu de scène ?

- modifier l’histoire et ajouter une scène ou un personnage pour mettre en place le dialogue nécessaire.
C’est cette dernière solution qui a été retenue ici par les scénaristes :

Marcel, le cartable sur le dos, les mains dans les poches, arrive d’un pas décidé. Il croise un « petit » de sixième, accroché à la main de sa mère, en larmes.

Mère

Ne pleure pas. Je viendrai te chercher à la sortie.

Marcel

(en passant) T’en fais pas. Le lycée dès qu’on est habitué, c’est plus chouette que l’école.


Et l’euphorie de Marcel est immédiatement sensible. Il est maintenant un grand de cinquième, sûr de lui et il arrive en pays conquis.

Préparer le découpage du chapitre pour passer à la réalisation de la BD demandait donc :
de retrouver dans le texte de Pagnol les scènes déjà là
de trouver une solution de mise en scène pour les passages non narratifs.

Le travail s’est effectué par étapes :
le plan du texte
le repérage des scènes
les solutions de mise en scène et les propositions de découpage

Un scénario peut alors être rédigé et remis au professeur d’Arts plastiques qui aidera les élèves à le traduire en planches et en vignettes.



















 
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