François-Auguste Mignet
Collège international
Aix-en-Provence
 

Acteur : Rencontre avec Julien Baudracco, dans le rôle de Poil d’Azur

dimanche 29 avril 2007, par la rédaction

"Toujours à son poste, il ne nous parlait jamais, sauf pour dire "Allez" ou "halte", d’une voix enrouée par de longs silences."
Ce personnage autoritaire et distant, c’est M. Berniolle, dit Poil d’Azur.
Mais l’acteur a-t-il le même caractère ?
Julien Baudracco, l’acteur, nous parle de son personnage.



Comment avez-vous obtenu ce rôle ? Est-ce vous qui avez décidé de jouer Poil d’Azur ?

Pas exactement. Quand j’ai été prévenu qu’il y avait un casting, j’étais en Espagne. J’ai tout juste eu le temps de revenir.
J’ai passé mon casting à Marseille, près du Vieux-Port mais, en fait, c’est au réalisateur lui-même que je dois mon engagement.
J’ai ensuite reçu le scénario et j’ai découvert mon personnage.
C’est un petit rôle, avec deux ou trois scènes seulement, mais pour moi elles sont importantes parce que c’est mon premier film. Je fais surtout du théâtre.
Comment le tournage s’est-il passé ? Quel était votre rôle ? Avez-vous trouvé la scène facile à jouer ?

Pour le réalisateur, c’était une scène intéressante mais délicate parce qu’il y a plusieurs personnages à diriger en même temps. Et dans ces personnages il y a surtout des enfants qui sont encore plus difficiles à diriger.

Chaque acteur a reçu des consignes précises sur ce qu’il devait faire, l’endroit où il devait se tenir, le déplacement qu’il devait faire et le moment où il devait le faire. De petites marques au sol permettaient à chacun de se repérer.
Pendant la dispute ma consigne était de passer derrière le groupe, comme un surveillant attentif qui jette un regard discret.
C’est une scène d’action dont l’enjeu est très important.
 Le petit Marcel va y gagner sa popularité et le respect de ses camarades.
Pour lui, l’intervention de Poil d’Azur constitue une menace. C’est un flagrant délit de bagarre dans la cour de récréation.
Pourtant, c’est le témoignage de Poil d’Azur qui sauvera Marcel.
Quand il intervient, ce qu’il dit doit contenir les deux, la menace et l’espoir :
"Je vois. D’ailleurs, j’ai tout vu et tout entendu."
Pour l’anecdote, je vous dirai qu’on a fait cinq prises. Une seule fois j’ai dit la phrase dans le désordre. Et c’est cette prise qui a été choisie , c’est-pourquoi vous entendrez :
"D’ailleurs, j’ai tout entendu et j’ai tout vu". 



Et l’autre scène ? Dans le bureau du Proviseur ?


D’une certaine manière, c’était tout le contraire. C’est une scène d’intérieur, plutôt statique et avec du dialogue. C’est la confrontation devant le Proviseur. Un vrai tribunal.
Avant les prises de parole, chacun a reçu ses consignes de jeu et nous avons tous ensemble répété notre texte. D’abord à l’italienne, en gommant tous les effets de voix. Ainsi on trouve mieux le rythme et on trouve ensemble les émotions à communiquer.
Puis il y a eu les plans de coupe, un plan serré sur le visage de chacun. Ce sont des plans de qui peuvent être utiles au montage. Là la consigne est simple. Il y a une direction de regard, un expression de visage et il ne faut surtout pas regarder la camér
a.
Après nous avons tourné la scène.
Quand Poil d’Azur prend la parole pour rétablir la vérité, il interrompt des personnages très intimidants, son Proviseur et le père de Pégomas, le très riche propriétaire des Bellons. Il est très impressionné mais il le fait et il sauve Marcel. Et ça tombait bien parce que moi aussi j’étais assez impressionné.

C’est très différent de jouer pour le théâtre ou le cinéma ? Qu’est-ce que vous préférez ?

La plus grande différence, c’est qu’on na pas le public. Pour un acteur de théâtre c’est très important. On joue toujours avec le public. On ne le voit pas à cause des feux de la rampe mais on entend ses réactions, on le sent, on s’adresse à lui.
Et là, au cinéma, il n’y a que les acteurs, le réalisateur et les techniciens.
Au fond on reste tout le temps dans une atmosphère de répétition. On fait parfois plusieurs prises d’une même scène. Et même si le réalisateur explique très bien la situation et ce qu’il veut obtenir, on ne sait pas vraiment quelle prise sera retenue.

Une autre grande différence, c’est qu’il y a beaucoup d’interruptions entre les prises et qu’on ne tourne pas les scènes dans l’ordre de la représentation. Quand on est dans un lieu on tourne toutes les scènes qui se passent là. Puis on change de décor.

Aussi, quand on découvre le film monté, après tout le travail de post-synchronisation, c’est toujours un moment extraordinaire. Au théâtre, au contraire, on avance dans l’histoire, on se jette dans son personnage et chaque représentation est différente. C’est chaque fois un moment unique.

Je crois qu’il ne faut pas comparer. Ce sont deux expériences voisines mais radicalement différentes.



 
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