François-Auguste Mignet
Collège international
Aix-en-Provence
 

Notre rencontre avec Mme Guérin, résistante.

mercredi 28 novembre 2007, par la rédaction

  Mardi 20 novembre 2007,la classe de 3°8 du collège Mignet a pu, grâce à Mme Taranne, rencontrer une résistante de la Seconde guerre mondiale, Mme Simone Guérin qui a témoigné de ses actes de résistante et de sa vie lors de l’occupation de la France par l’Allemagne, de 1940 à 1944.

Cet entretien a aidé les élèves de la classe à mieux comprendre cette période trouble de l’Histoire de France qu’est l’occupation, la Résistance et la collaboration.


 



La résistance française n’a commencé que lorsque la population commença vraiment à ressentir les privations. Le fait d’être dirigés par un autre pays a aussi enragé les Français, tout comme la dictature. C’est aussi avec la promulgation du Service de Travail obligatoire (S.T.O) et de la déportation des K.G.(Krieg-Gefängnis) que les Français sont entrés dans la résistance. Les principaux objectifs de la résistance étaient de perturber et géner les troupes d’occupation allemandes, en assassinant leurs chefs ou en sabotant leurs dépôts de munitions et de trains.

Pendant qu’elle habitait à Marseille, Madame Guérin avait fait une formation d’infirmière dans une école pendant 2 ans. Elle entra véritablement dans la résistance en 1942, lors de l’invasion de la zone libre française. Un étudiant lui proposa d’accompagner des personnes et de les faire passer dans le « maquis » de la Drôme.

Elle prit comme nom de résistante « Monique » en l’honneur de Ste Monique qui protégea des femmes.

Madame Guérin a plusieurs fois failli être arrêtée par les Allemands (les contrôles de police étaient fréquents et la Kommandanture, P.C des Allemands, instaurait un couvre-feu) et elle a même une fois, bel et bien été arrêtée avec son mari. L’officier chargé de les interroger à la Kommandanture a été appelé au téléphone et Monsieur et Madame Guérin ont réussi à s’enfuir !

Simone Guérin a bien joué quelques « farces » aux Allemands (grimaces, mauvais tours) avant d’entrer dans la résistance comme aide de trois chirurgiens, pour soigner des résistants bléssés dans le Vercors.

Les conditions de vie étaient sommaires ; dans la ferme où on opérait les résistants, il fallait utiliser plusieurs fois les même matériels médicaux en les lavant (pansement, etc...). Ils étaient livrés par parachutes, par des avions britanniques (ce pays soutenait la résistance française).

Les résistants du Vercors savaient que les Alliés avaient débarqué en Normandie le 6 juin 1944.

Un matin, alors que Simone Guérin allait soigner les bléssés, cinq avions, sans aucun signe de reconnaissance ont survolé la planque des blessés. Tout le monde pensait que c’était des Américains. Madame Guérin et son colonel étaient allés au village voisin. C’est là qu’ils ont appris que les avions étaient allemands. Ayant découvert la cache des résistants, ils y avaient mis le feu avec des bidons d’essence, faisant de très nombreuses victimes.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Simone Guérin a été décorée de nombreuses médailles pour sa bravoure et a reçu le grade de lieutenant.

Elle s’est occupée, après la guerre, d’une maison d’accueil de 80 enfants de retour des camps de déportation, bénéficiant de l’aide de nombreuses personnes, de la Mairie d’Aix-en-Provence, des commerçants ; les militaires américains lui ont construit une maison pour se loger et des familles lui ont fourni divers objets pendant quelques années pour ce lieu d’orphelins ( habits, nourriture ... ).

Ceci est un bel exemple de témoignage, nous rappelant à tous la fraternité et la solidarité, qu’il faut toujours avoir la main tendue pour aider les autres.

Nous adressons tous nos remerciements à Simone Guérin pour son témoignage qui nous a touchés.

   
   





 

 
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