François-Auguste Mignet
Collège international
Aix-en-Provence
 

Les 5è 6 lisent et disent quelques poèmes

lundi 21 avril 2008, par la rédaction

Jacques Prévert

 

Arthur Rimbaud

Le dormeur du val

 Ma Bohème

             

Guillaume Apollinaire

Saltimbanques

Charles d’Orléans

Le temps a laissé son manteau

Les fourriers d’été sont venus

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chanson des escargots qui vont à l’enterrement d’une feuille morte

 lu par Ophélie

À l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes

lls s’en vont dans le soir

Un très beau soir d’automne

 

Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes réssucitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés

 
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l’oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli
Reprenez vous couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter a tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l’été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer

C’est un très joli soir
Un joli soir d’été
Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais la haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques Prévert

 

Quartier libre

lu par Charlotte

J’ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l’oiseau sur la tête
Alors
on ne salue plus
a demandé le commandant
Non
on ne salue plus
a répondu l’oiseau
Ah bon
excusez moi je croyais qu’on saluait
a dit le commandant
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper
a dit l’oiseau.

Jacques Prévert,
Paroles

Saltimbanques

lu par Alexia
Dans la plaine les baladins
S’éloignent au long des jardins
Devant l’huis des auberges grises
Par les villages sans églises


Et les enfants s’en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe


Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L’ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage 
Pablo Picasso

 Apollinaire

 

 

 

 

Arthur Rimbaud

Le Dormeur du val

lu par Laurène

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent : où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Arthur RIMBAUD, Poésies (composé en 1870)

 

Ma bohème (Fantaisie)

lu par Yohann


Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;

Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.

- Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.

- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
Des mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud

 

Charles d’Orléans

 

Le temps a laissé son manteau

Le temps a laissé son manteau
De vent de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant clair et beau.


Il n’y a bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
"Le temps a laissé son manteau
De vent de froidure et de pluie".


Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d’argent d’orfèvrerie
Chacun s’habille de nouveau.

 

 

 

Les fourriers d’été

 

Les fourriers d’été sont venus
Pour appareiller son logis,
Et ont fait tendre ses tapis,
De fleurs et verdure tissus.

En étendant tapis velus,
De vert herbe par le pays,
Les fourriers d’Eté sont venus
Pour appareiller son logis.

Coeurs d’ennui piéça morfondus,
Dieu merci, sont sains et jolis ;
Allez-vous-en, prenez pays,
Hiver, vous ne demeurez plus ;
Les fourriers d’Eté sont venus.



 

 

 

 
 
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