François-Auguste Mignet
Collège international
Aix-en-Provence
 

Une journée à Arles

dimanche 18 septembre 2011, par Lettres classiques








Les 4èmes latinistes se sont rendus le jeudi 17 décembre 2009 à Arles pour une sortie pédagogique. Voici leur compte-rendu de visite.

 

 

L’amphithéâtre d’Arles

photo : collège Mignet

 

Déroulement de la journée

 

Nous sommes partis du collège en bus à 9 heures. Une fois arrivés devant le musée, nous avons observé les vestiges du cirque. Ensuite nous avons visité le musée d’Arles antique et de la civilisation romaine. Nos supers guides (Mme Donson et Mme Cousin, professeurs de latin, grec et français !) nous ont fait découvrir les maquettes de l’Arles antique, de l’amphithéâtre, du cirque et la statue d’Auguste et son bouclier votif. Ensuite nous avons pique-niqué derrière le musée, au soleil, un délicieux repas de Noël (foie gras, chocolat …).

 

 

 

 

 

Après une bonne pause nous avons repris le bus pour aller dans le centre-ville historique. Il faisait un temps glacial, le mistral était au rendez-vous ! Nous avons découvert les ruines de l’amphithéâtre. Nous avons eu droit à une promenade libre dans le monument et nous avons pu aller, fait exceptionnel, là où les gladiateurs combattaient. Puis, nous avons exploré le théâtre antique dont il ne reste que quelques gradins et des colonnes. Ensuite nous sommes allés à la place de la mairie où nous avons pu admirer le colossal obélisque du cirque. Après une journée bénéfique en culture et pleine de plaisir nous sommes rentrés au collège.

 

 Audrey, Alicia, Ulysse

Pique-nique

photo  : collège Mignet

 

La colonie d’Arles

La ville d’Arles a été fondée en 46 avant J.C par Jules César pour récompenser ses vétérans, anciens légionnaires romains. L’empereur Auguste a par la suite transformé cette colonie en une véritable cité selon le plan de toutes les villes de l’Empire. Comme toutes les villes Romaines, Arles était traversée par 2 axes perpendiculaires : le cardo (axe Nord-Sud) et le decumanus (axe Est-Ouest) et au croisement de ces deux axes : le forum. La ville d’Arles possède de nombreux avantages conférés par le Rhône : la fertilisation des terres, le commerce maritime, une arrivée d’eau courante et un rempart naturel. Arles était donc une ville prospère.

Thomas, Thibaut, Adrien

 

Le cirque

 

 

Le cirque d’Arles a été édifié vers les années 149-150. On estime sa longueur à 450 m et sa largeur de 101 m, on pouvait y accueillir 20 000 spectateurs.Il a la forme d’un rectangle allongé arrondi à ses extrémités. Au centre, une plate forme appelée spina se termine par deux bornes, metae, formées de trois cônes de bronze doré. A Rome, sur la spina, sept grands œufs de bois et sept dauphins, indiquaient au public le nombre de tours restantà parcourir.

 

Le cirque d’Arles possèdait des gradins accessibles par des vomitoires, vomitoria, et des galeries. Il reposait sur des voutes rampantes ouvertes sur l’extérieur par des arcades. La spina était surmontée d’un obélisque, de statues, de bassins et de compte-tours.

 

 

Plan d’un cirque romain

Aujourd’hui il nous reste du cirque d’Arles, quelques fondations devant le musée, l’obélisque qui a été déplacée au centre-ville d’Arles et des pieux de fondation conservés au musée.

 

Fondations du cirque

photo  : collège Mignet

 

 

Pieux de fondation du cirque

photo  : collège Mignet

 

 

Camille, Jean-Baptiste, Pierre-Louis

Les spectacles au cirque

 

Les spectacles du cirque sont les courses de chars. Il y a différents types de chars : les biges, chars à deux chevaux, les triges, chars à trois chevaux et les quadriges, chars à quatre chevaux. Les chars sont très légers et peu solides, ils se cassent au moindre choc.

Avant le début de chaque jour de courses, on démarre par une procession et des sacrifices. L’editor est l’organisateur des courses, c’est un riche citoyen, souvent un magistrat ou un candidat à une élection ; il donne le départ avec un drapeau blanc, la mappa. Les courses comptent quatre équipes : les blancs et les verts : les couleurs du peuple, les bleus et les rouges : les couleurs de la noblesse. Chaque citoyen parient sur son équipe favorite et est même prêt à jeter des sorts à ses concurrents. Il peut y avoir plusieurs courses par jour (jusqu’à 25). Pour chaque course, les concurents doivent parcourir sept tours de piste soit environ 5,6 km.

 

Le conducteur de char, l’aurige, est souvent un esclave ou un affranchi. Les prix offerts aux vainqueurs sont très variés : des palmes (feuilles de palmiers), de l’argent, de l’huile d’olive, ou l’affranchissement pour certains esclaves (libération). Tous les prix dépendent de la richesse de l’organisateur. Une simple course peut rapporter jusqu’à 60 000 sesterces (1 sesterce = 1 euro). Certains auriges ont gagné des sommes colossales. Par exemple, Dioclès, un Lusitanien, a gagné 35 863 120 sesterces, s’est arreté à 42 ans après 1462 victoires sur 4257 courses, en 40 ans de carrière.

Bas relief des amours auriges - MDAA

photo  : collège Mignet

Amaëlle, Raphaël et Adil

 

Le théâtre

 

 

 


Théâtre d’Arles

date de construction

fin du 1er siècle avant JC

contenance

10 000 spectateurs

diamètre de la cavea

102 mètres

taille du proscaenium

50 m x 6 m

nb de rangées d’arcades

3

zones de gradins

3

nombre de gradins

33


 

Théatre antique

photo : collège Mignet

 


 

 

 

Le mur de scène était constitué de marbre polychrome et décoré de statues de silènes ventrus, de danseuses, d’une statue de Vénus et d’une statue d’Auguste. A l’origine, des danseurs et de choeurs prenaient place dans l’orchestra puis plus tard les notables se sont installés sur des sièges en bois pour mieux voir le spectacle. Aujourd’hui, il ne reste plus que deux colonnes et six rangées de gradins antiques.

 

 

 

 

Mur de fond de scène du théâtre


Schéma du théatre

Plan du théâtre

 

 

Élèves dans les gradins du théâtre

photo : collège Mignet

 

 

Statue d’Auguste - MDAA

photo  : collège Mignet

Baptiste, Paul et Sebastiano

Les spectacles au théâtre

Au tout début, les théâtres étaient limités aux fêtes religieuses puis devinrent une distraction publique. Les premiers jeux sur scène à Rome seraient d’origine étrusque. Ils ressemblaient à des farces jouées lors des fêtes populaires. Des pièces, tragédies et comédies venues de Grèce, sont progressivement apparues.Les acteurs romains sont seulement des hommes, des esclaves ou des affranchis car il est interdit aux citoyens de jouer. Les meilleurs interprètes de pièces romaines étaient les Grecs. Bien que ce divertissement soit accepté par toutes les classes sociales, les acteurs ont très mauvaise réputation. La représentation a lieu vers 15-16 heures, elle est gratuite. Les meilleures places sont près de l’orchestra, devant la scène, elles sont réservées aux sénateurs ou notables. Tout en haut s’installent femmes et esclaves.

 

Masque tragique - MDAA

photo  : collège Mignet

 

 

TRAGEDIES : Le tragédien chante et récite de longs monologues traduisant la souffrance du héros.

COMEDIES : Dans les comédies, les comédiens sont masqués, parlent, chantent et dansent sur un accompagnement de flûte. A la fin de la République, la comédie disparaît pour laisser la place aux mimes.

 

MIMES : Le mime est un spectacle parlé, sans masque, joué à la fin des comédies ou tragédies, par des acteurs. Les thèmes s’inspirent de la vie quotidienne, et peuvent critiquer les pouvoirs et être obscènes.

 

Chiara et Anne-Sophie

L’amphithéâtre ou les arènes

 

L’amphithéâtre d’Arles pouvait contenir 20 000 spectateurs. Il fait 136 m de longueur, 107 m de largeur et 21 m de hauteur. C’était l’un des tout premiers amphithéâtres. Il a été érigé vers la fin du Ier siècle après J.C et c’était, des trois monuments de loisirs (cirque, théâtre, amphithéâtre), le monument le plus populaire et le plus répandu dans l’Empire Romain. Plus de cinquante amphithéâtres ont été identifiés en Gaule donc presque autant qu’en Italie. Les spectacles qui s’y passent sont toujours organisés pour fêter des victoires ou à l’occasion d’événements importants ; l’amphithéâtre est une mode qui s’est répandue pendant plusieurs siècles.

 

 

Les arcades de l’amphithéâtre

photo  : collège Mignet

 


Plan et schéma de l’amphithéâtre

 

 

Coupe de l’amphithéâtre

 

Aurélien et Ninon

Les spectacles à l’amphithéâtre

 Dans l’amphithéâtre se déroulaient 3 types de spectacles :

 1) Les combats de gladiateurs

 Les gladiateurs étaient pour la plupart des esclaves - malgré quelques volontaires que la misère attirait - entraînés au combat et qui se battaient publiquement en duel pour le bon plaisir du peuple. Ceux-ci étaient entraînés par un laniste, loués, emmenés à l’amphithéâtre puis se battaient par groupes de deux sous l’enthousiasme du peuple qui raffolait du sang et de ces combats.

Contrairement aux idées reçues, les gladiateurs mouraient rarement lors des combats car cela coûtait très cher au magistrat organisateur. Seuls les condamnés mouraient dans l’arène. Il y a plusieurs classes de gladiateurs : les plus communes sont : le rétiaire avec son trident et son filet et le sécutor avec son casque, son bouclier et son glaive. Un gladiateur ne pouvait pas combattre n’importe quelle classe, chacune avait son adversaire. Les combats étaient contrôlés par des arbitres.

Le vainqueur pouvait gagner de l’argent, une couronne de lauriers et d’autres prix. Au bout d’un certain nombre de victoires, l’empereur ou l’organisateur pouvait donner la rudis, une épée en bois qui signifiait la liberté du gladiateur.

 2) Les batailles navales

L’amphithéâtre pouvait, par un système sophistiqué basé sur le détournement d’un fleuve, être rempli d’eau afin d’accueillir des batailles navales. Peu d’amphithéâtres ont accueilli ce type de spectacle. On peut penser que ceux-ci étaient construits pour l’occasion et étaient démontés après.

 3) Les Chasses

 La chasse consistait le plus souvent à un combat d’ hommes contre des animaux mais, il arrivait que les animaux se battent entre eux. Les « hérétiques » chrétiens étaient souvent jetés en pâture aux fauves.

 

Les élèves dans l’arène

photo : collège Mignet

Thomas, Thibaut, Adrien

 

 

 Sources :

Rome la conquérante, Gallimard

Rome et l’empire romain, Les encyclopes

Dossiers pédagogiques de MDAA en particulier Urbanisme et romanisation

Catalogue du musée de L’Arles antique, Actes sud

 

Nous remercions le Musée départemental de L’Arles antique qui nous a autorisé à publier nos photos de leurs collections.

 
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